Aller au contenu Aller au pied de page
Margelle du Puits de Brizambourg

Un « Bijoux de la Renaissance »

Cela vous rappelle quelque chose, cette gravure? Eh oui, ce petit monument nous l’avons tous déjà frôlé, avec ou sans attention…

Mais oui, cela vous revient c’est la « Fontaine du Pilori » sur la place du Pilori à St Jean d’Angély. Eh bine dorénavant, par « chauvinisme », vous ne diriez plus « fontaine du Pilori » mais  » Margelle du Puits de Brizambourg « .

En effet, ce petit monument est le seul reste du château de Brizambourg, mais quel vestige ! Camille Enlart ( dans son manuel d’archéologique Française, tome 2, page 300), dit qu’il s’agit d’un des plus beau puit de France. Comment se fait-il que ce petit bijou d’architecte ait été déplacé de Brizambourg à St Jean d’Angély ?

Vers 1819, les habitants du « canon du Pilori » à SAINT- JEAN D’Angély, décidèrent de changer l’image macabre de leur petite place ou avaient lieu les « mises aux pilori « . Un des habitants de ce quartier avait récupéré parmi les ruines du notre château de Brizambourg, la merveilleuse margelle château de Brizambourg, la merveilleuse margelle du puits du château. Il en parla aux responsables du « canton du pilori « , est dès ce début 1819, les habitants du quartier firent circuler dans la ville de St Jean, une souscription pour l’achat de la Margelle de Brizambourg.

Une délégation, choisie parmi les souscripteurs, ayant à sa tête la maire de St Jean, Mr Charles Joseph de Lalaurencie, s’était transportée sur les ruines du château afin de voir l’état de la margelle, d’en estimer la valeur et d’étudier les moyens de transport. Les délégués de St Jean en discutèrent le prix avec le propriétaire (je n’ai pas son nom, mais en toute logique cela devait être un descendant du dernier Seigneur de Brizambourg, Armand Louis Gontault de Biron, voir gazette n°5), la somme de huit cents francs fut acceptée. Notre margelle fut démontée, transportée pierre à pierre et réédifiée au centre de la place portant le nom du Canton du Pilori, au dessus d’un puis bien des fois centenaire.

Si vous regarder bien, il y a des détails intéressants sur cette margelle. La date de construction du monument (1546) est sculptée en belles lettres gothiques fleuries, en relief sur le pourtour de la frise :

IE FVS EDIFIEZ ET ASSIZ LA MVCXVI.

Quatre cartouches sculptés aux angles de la margelle contenaient probablement des emblèmes soi-disant séditieux, puisque ces derniers furent mutilés pendant la révolution (afin de faire disparaître, disait le Comité de Salut Public, leur signification nobiliaire ou religieuse). Lors de la réédification du monument à St Jean, les sculptures mutilées furent remplacées par les inscriptions suivantes, peintes en noir :

DEU            VIVAT     PAX        HONOR ET

OMNNIBUS            REX     INTERNOS     PATRIA

Il y a une quarantaine d’années, cet admirable monument classé a été intelligemment réparé par les soins de la société des Monuments Historiques. Avant les réparations, trois baies étaient aveuglées par un briquetage enduit de plâtre blanc. Sur le premier, on lisait :  » Ludovico XVIII  » regnante oedificium illud antiqui castelli de Brizambourg monumentum sic reodificatum sumptibus ac curis Coroli Josephi de Lalaurencie equitis ex regali ac militairi sancti Ludovici ordine urbis praefecti.  » Die septembris 9 anno 1819.

Sur le second :  » De la Chadessé carantoni inderioris praefectus. »

Sur le troisième :  » De Bonnegens Angeriacensis agri praefectus. »

La quatrième baie était formée par une porte de bois fermant à clé. Ouverte, cette porte donnait accès à l’intérieur de la margelle pour le graissage et les réparations de la pompe.

Les diverses inscriptions ci-dessus indiquaient donc que ce fut le 10 Septembre 1819 que le monument, élevé d’abord dans le château de Brizambourg, a été réédifié à St Jean d’Angély, Louis XVIII  régnant, M. de la Chadessé étant préfet de la Charente-inférieure, Mrs Bonnegens, sous-préfet et Charles-Joseph de Lalaurencie, maire de St Jean d’Angély.

Un moulage de ce magnifique bijou de la Renaissance est exposé dans une des salles du Musée du Trocadero, à Paris.

Tous les renseignements sur ce monuments sont extraits d’un livre de A. Chaine sur St Jean d’Angély. (1931)

Haut de page
Copier le lien